|
|

 |
Le "Jone's guide to Norway for Salmon fisher's" publié à Londres
en 1838 est à n'en pas douter le premier catalogue de voyages
de pêche jamais imprimé.
A peine plus de vingt ans après la fin des guerres napoléoniennes,
les ducs, earls et lords de l'empire britannique n'hésitaient pas en effet, à voyager
dans de rudes conditions pendant deux à trois semaines pour aller pêcher
le saumon dans l'Alta, l'Aaro ou la Namsen.
|
Il fallait certainement que cela en vaille la peine, car commencé dans
des conditions confortables à bord de leurs yachts privés
ou de vaisseaux de ligne, le voyage se terminait invariablement en carriole à cheval
sur des chemins de montagnes, à flanc de fjords au milieu de nuées
de moustiques...
Plus prés de nous nos grands-parents parisiens, lyonnais ou marseillais
qui désiraient, dans les années trente (années fastes)
pêcher le saumon dans le gave d'Oloron ou dans le Haut-Allier,
devaient compter entre deux et trois jours de voyage en chemin de fer
et autocar pour rejoindre Navarrenx, Brioude ou Prades-Monnistrol. Ces
expéditions, qu'elles soient de pêche ou de chasse, rappelons-nous
le départ de Tartarin en gare de Tarascon, ne sont plus de mise
aujourd'hui.
En décollant à 13 h de Roissy, vous pourrez être à 17
h sur les bords d'une rivière à saumons islandaise, voire
faire le coup du soir, compte-tenu du décalage horaire dans le
bon sens, en Gaspésie ou à Terre-Neuve. Quant-aux destinations "pêche" les
plus éloignées de l'Hexagone, la Nouvelle Calédonie
ou la Nouvelle-Zélande, elles ne sont jamais qu'à une vingtaine
d'heures de Roissy-Charles de Gaulle.
Pour autant, voyager avec cannes à pêche, moulinets, waders,
boîtes de mouches, leurres, plombs et hameçons, n'est pas
de tout repos, surtout depuis que les règlements aéroportuaires
considèrent tout objet contondant ou piquant comme susceptible
de faire partie de la panoplie du parfait petit terroriste.
Les attentes
dans les salles d'embarquement sont interminables, les vols sont "surbookés",
retardés, déroutés quand ce n'est pas purement et
simplement annulés, les passagers plus serrés dans leurs
sièges que des harengs, les bagages (surtout les tubes de transport
des cannes à pêche) n'arrivent pas toujours en même
temps que leurs propriétaires, les files d'attente au contrôle
des passeports sont interminables et enfin le pays de destination halieutique
de rêve, l'est peut-être question poissons mais rarement
question climat, sécurité ou confort....Alors qu'est-ce
qui nous pousse, de plus en plus nombreux tous les ans à effectuer
des migrations inter continentales, circumpolaires ou trans-hémisphériques à rendre
pâles de jalousie le thon le plus rouge, le marlin le plus noir
ou le saumon le plus carotènéisée
Télécharger
l'article en entier >>
|
|
|